Jeudi 24 novembre 2005
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Le petit âne poète
Je tenais ma petite fille, la fille de mon fils
assise sur mes genoux, et je lui racontais
une histoire de loups, de troupeaux, de bergers.
Elle buvait mes paroles comme on boit du bon lait,
puis soudain elle me dit : " Comment fais-tu, Papy
pour écrire des poèmes ? Je voudrais le savoir.
Et je lui répondis :
Pour écrire un poème, faut aimer voyager
dans le pays des rêves, sans jamais se presser.
L'avion est trop rapide et le train trop bruyant,
je prefère un petit âne, joyeux et bondissant.
Un gentil bourricot au pelage laineux.
Il va où bon lui semble, il va au gré du vent,
il adore emprenter des sentiers sinueux,
il s'arrête, il repart, parfois fait demi-tour,
il broute les herbes tendres sur le bord du chemin.
J'ai du mal à le suivre, et j'en perds mon latin.
Il s' ébroue tout content de me jouer des tours,
il retrousse ses naseaux d'un air moqueur, mutin,
et ma pensée divague au rythme du p'tit âne,
et ma plume griffonne des mots, des rimes, des vers,
ella va, elle vient, s'arrête, parfois elle flâne;
c'est comme ça que je brode et que j'ecris mes vers.
Alors la fille de mon fils, d'un air calin
me dit :
"J'aimerais, tout comme toi, avoir un âne coquin !"
Floréal Ibañez
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